10.12.2025
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Les visiteurs étrangers aux États-Unis pourraient devoir révéler cinq ans d’activité sur les réseaux sociaux

US could ask foreign tourists for five-year social media history before entry

Dans un tournant majeur, les voyageurs en provenance de plusieurs pays, y compris le Royaume-Uni, pourraient prochainement être contraints de divulguer leur historique sur les réseaux sociaux couvrant les cinq dernières années pour obtenir un accès aux États-Unis. Cette proposition a été formulée par les autorités américaines dans le cadre d’un effort plus large visant à renforcer les régulations sur l’immigration.

Cette nouvelle exigence concernerait les individus de divers pays autorisés à entrer aux États-Unis pour une durée maximale de 90 jours sans visa, à condition de remplir un formulaire d’Autorisation de Voyage Électronique (ESTA).

Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président Donald Trump a mis l’accent sur des contrôles frontaliers plus stricts, justifiant ces mesures par la nécessité de garantir la sécurité nationale.

Des experts estiment que cette initiative pourrait dissuader de potentiels touristes et porter atteinte à leurs libertés numériques. Alors que les États-Unis s’apprêtent à accueillir leChampionnat du Monde de Footballmasculin l’année prochaine, coorganisé avec le Canada et le Mexique, ainsi que lesJeux Olympiques de 2028à Los Angeles, une augmentation des visiteurs étrangers est anticipée.

La proposition a été soumise par les Douanes et la Protection des Frontières (CBP) en collaboration avec le Département de la Sécurité Intérieure (DHS), qui supervise l’agence. Des rapports indiquent que cette information a été publiée dans le Registre Fédéral, la publication officielle du gouvernement américain.

Selon la proposition, les personnes faisant une demande d’ESTA devront fournir des détails sur leurs réseaux sociaux des cinq dernières années, même si les spécificités concernant les informations requises n’ont pas encore été divulguées.

La demande actuelle d’ESTA requiert des informations relativement minimales et impose des frais uniques de40 $(30 £). Elle est accessible aux citoyens d’environ40 pays, dont le Royaume-Uni, l’Irlande, la France, l’Australie et le Japon, leur permettant de se rendre aux États-Unis à plusieurs reprises sur une période de deux ans.

En plus de la collecte des détails sur les réseaux sociaux, le nouveau document suggère de recueillir les numéros de téléphone et les adresses électroniques des demandeurs utilisées au cours des cinq et dix dernières années, respectivement, ainsi que d’autres informations sur leurs membres de famille.

Le texte fait référence à un décret exécutif émis par Trump en janvier intitulé « Protéger les États-Unis des terroristes étrangers et d’autres menaces à la sécurité nationale et à la sécurité publique. » Auparavant, l’administration Trump avait annoncé qu’elle examinerait les comptes de réseaux sociaux durant le processus de vérification des étrangers sollicitant des visas d’étudiant ou des visas H1B pour travailleurs qualifiés.

Le Département d’État a indiqué qu’il procéderait à des évaluations de « présence en ligne » pour les demandeurs et leurs personnes à charge, exigeant que les paramètres de confidentialité de tous les comptes de réseaux sociaux soient rendus publics pour faciliter cette évaluation.

Selon un avis sur le site web de l’Ambassade et du Consulat des États-Unis au Mexique, des demandeurs de visa spécifiques devront lister tous les noms d’utilisateur ou identifiants de réseaux sociaux des plateformes qu’ils ont utilisées au cours des cinq dernières années. L’avis avertit que le non-respect de cette exigence pourrait entraîner des refus de visa, tant actuels que futurs.

Un haut fonctionnaire du Département d’État a commenté la politique des visas étudiants, affirmant que « les citoyens américains s’attendent à ce que leur gouvernement prenne toutes les mesures possibles pour renforcer la sécurité de notre nation, et c’est précisément à cela que l’administration Trump s’engage chaque jour. »

Les responsables ont reçu pour instruction de surveiller les individus « qui soutiennent, assistent ou appuient des terroristes étrangers désignés et d’autres menaces à la sécurité nationale, ou qui s’engagent dans du harcèlement ou de la violence anti-sémite illégale. »

Dans le cadre de la stratégie globale de l’administration visant à renforcer la sécurité des frontières, les responsables ont récemment indiqué qu’un interdiction de voyage existante, actuellement appliquée à19 nationsd’Afrique, du Moyen-Orient et des Caraïbes, pourrait être élargie.

Cette annonce a fait suite à un incident de tir impliquant deux membres de la Garde nationale à Washington DC, avec un citoyen afghan identifié comme suspect.

La nouvelle proposition concernant la collecte de données d’ESTA pour les touristes invite le public à donner son avis pendant une période de60 jours. Sophia Cope de la Fondation Electronic Frontier, une organisation de défense des droits numériques, a critiqué cette initiative, affirmant qu’elle pourrait « aggraver les violations des libertés civiles. »

Par ailleurs, le cabinet d’avocats en immigration Fragomen a fait valoir que ces changements pourraient entraîner des temps d’attente plus longs pour les approbations d’ESTA. Des experts avaient déjà noté que les modifications de la politique de voyage initiées sous Trump avaient eu un impact négatif sur le secteur touristique américain.

Plus tôt cette année, le Conseil Mondial du Voyage et du Tourisme a rapporté que les États-Unis étaient le seul pays parmi184analysés dont on prévoit une diminution des dépenses des visiteurs internationaux d’ici2025.

D’autres politiques de l’administration Trump ont également eu un impact similaire sur le tourisme, de nombreux Canadiens choisissant d’éviter de voyager aux États-Unis en signe de protestation contre les tarifs de Trump. Le mois d’octobre a marqué le dixième mois consécutif de baisse des visiteurs canadiens aux États-Unis, une démographique qui constituait historiquement environ un quart de toutes les arrivées internationales, contribuant à plus de20 milliards de dollars(15,1 milliards de livres sterling) par an, selon l’Association de Voyage des États-Unis.

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